20th Feb2011

Le mot de la semaine : « deltid »

by hibiscus

« Tid », c’est le « temps », en suédois.

« Hel » signifie « entier, complet », « halv = demi, mi » et « del = en partie, partiel ».

« Att arbeta heltid » signifie donc « travailler à plein-temps », « halvtid = à mi-temps » et « deltid = à temps partiel ». (Noter l’absence de préposition entre le verbe « arbeta » et « hel-/halv-/deltid » en suédois.)

À partir de février et jusqu’à la fin de l’année, « jag arbetar deltid », 70 % soit 28 h/semaine jusqu’à fin septembre, puis 80 % soit 32 h/semaine d’octobre à décembre. Pour le moment, je travaille tous les jours mais finis plus tôt, le plus souvent à 15 h. Mais je vais voir s’il est possible d’avoir une journée entièrement libre.

C’est mon employeur qui m’impose cette solution, je ne l’ai pas voulu moi-même. Cela veut dire que je devrais avoir droit à l’assurance chômage. Cela implique à son tour que j’ai dû aller m’inscrire à Arbetsförmedlingen, le Pôle Emploi suédois, en tant que chômeuse à 30 %. Comme il y peut y avoir un CDI à plein-temps à la clé, à partir de 2012, j’ai l’impression qu’ils vont me laisser un peu tranquille et ne pas m’obliger à lâcher le Nationalmuseum pour un emploi à plein-temps ailleurs.

Mais cela n’empêche pas que je dois quand même postuler pour des postes correspondant à mes compétences, car c’est Arbetsförmedlingen qui signale à ma caisse de chômage si je remplis ma partie du contrat pour avoir droit à l’assurance. Ainsi, selon le plan d’action établi par Arbetsförmedlingen, je dois, par trois fois d’ici fin juillet, rendre compte du nombre de candidatures que j’ai envoyées. Fin juillet, je retourne à Arbetsförmedlingen pour faire le point et établir un nouveau plan d’action.

Ceci est le côté négatif.

Mais je compte faire plein de choses positives de cette période de chômage partiel ! :-)

Ralentir le tempo un peu (quoique, étant donné la masse de travail à faire qui suffirait largement à remplir un plein-temps, je ne vais pas vraiment chômer au bureau). Mais je suis très à cheval sur mes horaires de travail et je pars à 15 h, point à la ligne ! Et si je ne fais pas sport après le travail, rentrer à la maison en fin d’après-midi est un vrai plaisir ! :-)

J’ai retrouvé le plaisir de lire.

J’espère avoir l’occasion de tricoter, et de bloguer peut-être aussi, un peu plus souvent. ;-)

Je compte aussi me replonger un peu dans mes études – je n’ai toujours pas abandonné mon projet de thèse en histoire de l’art mais ça demande pas mal de travail avant de présenter mon projet à la faculté de Stockholm.

Vous l’avez sûrement compris, je ne suis pas du genre à me tourner les pouces. :-)

13th Feb2011

Le mot de la semaine : « nedtagning »

by hibiscus

Le mot de la semaine se compose de trois parties : « ned – tag – ning » (et se prononce comme cela s’écrit).

Commençons par la racine, « tag », qui vient du verbe « att ta » = prendre. Le -g final est un reste de la forme ancienne de ce verbe, « att taga », que l’on note encore dans les formes conjuguées : « tog » à l’imparfait/passé simple, « tagit » pour le supin (voir paragraphe ”En suédois”).

Le suffixe « -ning » est communément utilisé en suédois pour former un substantif à partir d’un verbe. Le mot « Tagning! » s’utilise par exemple à la place de l’anglais « Action ! » ou du français « On tourne ! » quand on fait un film.

Le préfixe « ned- » provient de l’adverbe « ned/ner/neder » qui indique un mouvement vers le bas : par exemple « gå ner » = mot à mot aller en bas = descendre. Je crois que, dans la plupart des cas, on pourrait dire que le préfixe « ned- » peut se traduire par l’équivalent français « dé- ». Le verbe « ta ner/ned » signifie « démonter ». Le mot « nedtagning, -en, -ar, -arna » signifie donc « démontage ».

Après le montage d’une exposition (« installation » [inestalachoune] en suédois), suit son démontage, tout logiquement, après quelques mois d’ouverture au cours desquels un certain nombre de visiteurs la voit. La grande exposition de l’automne du Nationalmuseum, « Härskarkonst » en suédois (« Arts des pouvoirs » en français) a attiré un peu plus de 61 000 visiteurs ; on avait espéré au moins 100 000 visiteurs, mais l’Armée de terre cuite chinoise et Anders Zorn à Waldemarsudde nous ont fait de la concurrence. L’exposition fermait le 23 janvier, et dès le 24, nous entamions son démontage (« nedtagning ») qui prit au total presque trois semaines. La première semaine a été consacrée au démontage des objets russes, la deuxième aux objets prêtés par des musées français, la troisième aux objets suédois.

Le démontage d’une exposition est une mission secrète de par la valeur des objets exposés qui doivent être retournés aux emprunteurs sans encombre. Donc bouche cousue sur le planning de démontage, la venue des convoyeurs et le départ des transports, ainsi que leur route bien évidemment. À la date d’aujourd’hui, tous les objets sont de retour à leur propriétaires respectifs et c’est pour cela que je peux vous raconter seulement maintenant ce que j’ai fait ces dernières semaines.

Cette exposition a été une belle aventure mais j’avoue quand même que je suis contente que ce soit terminé. Surtout le montage et le démontage, planification en amont incluse, sont des périodes de travail très intensives et c’est seulement quand tout est fini qu’on s’autorise à souffler un peu. Dans mon cas, la fatigue vient après coup. Et c’est donc avec soulagement que j’entame une période de 11 mois de travail à temps partiel. J’y reviendrais bientôt ici-même, sur ce blog, peut-être déjà dimanche prochain, si rien d’exceptionnel n’arrive d’ici-là. :-)

Si vous voulez voir des photos de l’exposition, je vous conseille un petit tour sur la page flickr du Nationalmuseum.

06th Feb2011

Le mot de la semaine : « hemlig »

by hibiscus

L’adjectif « hemlig » [´hèm(e)ligue] signifie « secret ». Étymologiquement, il vient de l’ancien suédois « hemeliker, hemelikin, hemelig » — à comparer avec l’islandais heimiligr, le danois hemmelighet, ou l’allemand heimelich. Il construit sur le substantif « hem » qui signifie « maison », faisant ainsi référence à un espace fermé, sécurisé, échappant aux yeux de ceux qui n’en font pas partie. C’est plutôt logique.

Il se décline ainsi :

hemlig [´hèm(e)ligue] = forme indéfinie, singulier, devant en substantif en -n

hemligt [´hèm(e)likte] = forme indéfinie, singulier, devant en substantif en -t

hemliga [´hèm(e)ligua] = forme définie, singulier et pluriel

Un secret est « en hemlighet » [ène ‘hèm(e)lig’hète].

Pourquoi ai-je choisi ce mot pour cette semaine ?

Parce que j’étais en mission secrète au travail cette semaine (affaire à suivre dimanche prochain ;-) ). Et que mon « sambo » fête ses 30 ans en avril et que j’ai déjà trouvé son cadeau mais que je ne peux bien sûr pas révéler ce que c’est pour le moment. ;-)

30th Jan2011

Le mot de la semaine : « inventera »

by hibiscus

Vendredi dernier, j’ai fait une journée de travail de 12 h. Inutile de vous dire que j’étais éreintée en rentrant et que j’ai fait une bonne nuit ! Mais pourquoi travailler si longtemps ? D’abord, ma journée de travail habituelle au musée, certes un peu raccourcie. Puis exceptionnellement, l’inventaire de la boutique de bureautique où mon « sambo » travaillait jusqu’à il y a quelques semaines (il vient de reprendre ses études). Il avait promis à ces collègues de les aider vendredi soir et comme ils ont toujours besoin de personnel supplémentaire, il m’avait demandé si je voulais l’accompagner. J’ai pensé que ça pouvait être intéressant et je l’ai suivi. Aujourd’hui, je suis effectivement riche d’une expérience supplémentaire, mais je ne le referai pas.

Ma tâche était relativement simple — compter les articles sur les rayons. Compter des cinquantaines de rouleaux de papier-cadeau (quoiqu’ils sont les plus compliqués à compter), des douzaines d’agendas ou des centaines de sachets n’est pas très passionnant mais cela ne me gênait pas trop. Ça peut même devenir un peu méditatif.

Non, ce sont les conditions physiques de ce genre travail qui m’ont fait pas mal souffrir : soit accroupie pour compter les articles des étagères les plus basses, soit les bras en l’air pour atteindre les étagères supérieures, à soulever des dizaines d’articles au fur et à mesure du comptage, etc … Le tout pendant 6 heures …

En plus, je ne pouvais pas mon contenter de compter les articles, il fallait aussi que je trie les articles par couleurs ou grandeur quand je trouvais qu’il y en avait besoin — c’est mon côté perfectionniste. Les collègues de mon « sambo » vont peut-être me maudire lundi quand ils se rendrons compte que j’ai, à mes yeux, amélioré les piles de cahiers et de classeurs…

Le verbe « att inventera » veut dire « faire l’inventaire » :

jag inventerar [jâgue in(e)vèn(e)térar] = je fais l’inventaire

jag har inventerat [jâgue ‘hare in(e)vèn(e)térate] = j’ai fais l’inventaire

jag inventerade [jâgue in(e)vèn(e)téradé] = je faisais l’inventaire

jag ska inventera [jâgue ska in(e)vèn(e)téra] = je ferai l’inventaire

23rd Jan2011

Le mot de la semaine : « oxveckor »

by hibiscus

Le mot de la semaine est composé de « ox- » [ouxe] = bœuf et « vecka » [véka] = semaine, et « vecka » se décline de cette manière :

en vecka [ène véka] = une semaine

veckan [vékane] = la semaine

veckor [vékore] = des semaines

veckorna [vékor(e)na] = les semaines

« Oxveckor » [oux(e)vekore] est une expression qui nous vient du temps où la société suédoise était de majorité agraire et désigne une longue période de travail sans jour férié. Une période pendant laquelle les paysans travaillaient ”comme des bœufs” = « oxar » [ouxare].

Depuis l’Épiphanie (qui est férié en Suède) jusqu’à Pâques (qui tombe tard cette année : le 24 avril), cela fait 15 semaines de travail sans jour férié. Ces 15 « oxveckor » ont fait les grands titres des journaux début janvier, avec quelques bons conseils pour y survivre. À lire ces articles, on croirait que les Suédois ne vivent que pour les jours fériés et les vacances…

Pour ma part, je ne me plains pas car, à partir de février, je travaillerai à 70 %, ce qui veut dire que je finirai à 15h tous les jours au lieu de 17h. À ce régime-là, je crois que je m’en sortirai très bien, de ces « oxveckor », d’autant que j’ai des heures supplémentaires à récupérer. :-)

04th Okt2010

Le mot de la semaine : « inviga »

by hibiscus

Deux ans de travail, dont un mois de montage acharné, ont abouti à une exposition grandiose, magnifique, époustouflante ! « Härskarkonst » en suédois, «Staging Power » en anglais, « Arts du pouvoir (ou des pouvoirs) » en français ou encore, comme l’écrit l’ambassade de France à Stockholm, « Le Pouvoir en Scène ». Le sous-titre est « Napoléon — Charles Jean — Alexandre », faisant ainsi référence aux trois souverains contemporains du premier empire français.

Les journaux parlaient de l’exposition avant même qu’elle ouvre. Les attentes sont élevées, les premières critiques sont bonnes, le suspens est presque intenable : on veut savoir ce que les gens en pensent, en bien ou en mal. J’ai hâte de connaître les chiffres de visite de ce premier week-end !

Cette dernière semaine a été celle des derniers détails, des dernières corrections (même on trouve encore des erreurs …), avant l’inauguration officielle le 29 et les vernissages pour le grand public le 30 septembre.

« Inviga » veut dire inaugurer ; « en invigning » est une inauguration.

han inviger [‘hane in(e)vigeure] = il inaugure

han har invigt [‘hane ‘har in(e)vig(e)te] = il a inauguré

han invigde [‘hane in(e)vig(e)dé] = il a inauguré

han ska invinga [‘hane ska in(e)viga] = il inaugurera

Mais qui est-il ? Sa Majesté le roi de Suède en personne, Carl XVI Gustav, puisqu’il patronne l’exposition et est un des prêteurs les plus importants avec une soixante d’objets (l’exposition en compte un peu plus de 400 au total). Oui, c’était « en kunglig invigning » [ène kungligue in(e)vigningue], une inauguration royale avec discours de la conservatrice en chef du musée, Solfrid Söderlind, du commissaire de l’exposition, Magnus Olausson (traduit en russe par ma collègue, puis en français par moi car il y avait des invités russes et français), puis du roi lui-même.

Pendant que le roi et la reine de Suède visitaient l’exposition au calme, avec une suite de quelques dizaines de personnes, le reste des invités socialisaient et papotaient dans l’escalier majestueux du Nationalmuseum, un verre de Dom Pérignon en main, avant de pénétrer dans les salles d’exposition.

Deux heures plus tard, après le départ des têtes couronnées, l’inauguration étaient suivie d’un dîner de gala, offert par l’un des sponsors, Moët Hennessy. Le menu ne pouvait en être que luxueux : conçu par Patrice Karlsson, chef de cuisine du restaurant du Nationalmuseum, et Pascal Tingaud, chef de cuisine Dom Pérignon, celui-ci mêlait des traditions historiques gastronomiques françaises et suédoises. Jugez plutôt :

Potage de haddock et crevettes grises à l’aneth
Un plat traditionnel suédois du XIXème siècle.
Pour le dîner, un potage était toujours servi en entrée.
Le haddock était un poisson très apprécié à la cour de Suède.
Dom Pérignon Vintage 2000


Selle de chevreuil, sauce poivrade, croûton de farce fine,
mousseline de céleri, pommes, cumberland et cèpes
Pays de tradition cynégétique, la Suède et la France
ont toujours servi de la venaison sur les tables royales et impériales.
Le sucré-salé a fait son apparition sous l’Empire.
C’est Bernadotte qui a fait connaître les cèpes en Suède
qui portent dans le pays le nom de Karl Johan.
Cheval des Andes 2006


Fromages, abricots secs, figues séchées, amandes et noix
Fromage de brebis de la vallée d’Ossau dans les Pyrénées,
région du Sud-Ouest de la France d’où Bernadotte était originaire.
Fromage de Suède ”Hammarby Blå” de la région de Roslagen.
Château d’Yquem Millésime 1998


Blanc-manger aux poires, pommes au four et glace à la vanille
Le blanc-manger est un plat classique de la cuisine sous l’Empire.
Carême (cuisinier de Talleyrand et de Napoléon, puis du tsar de Russie)
l’adapta pour le tsar en y ajoutant des poires.
L’arrivée de Bernadotte en Suède
a coïncidé avec l’introduction des glaces lors des repas
Sauternes, premier cru supérieur 1855


Café, thé
Hennesy Paradis (cognac)


Le repas était tout simple divin ! (Ma seule petite critique : les fruits séchés accompagnant le fromage semblaient tout droit sortis de leur sachet …) La compagnie à table était agréable et polyglotte : deux journalistes françaises, un diplomate suédois rattaché au consulat de France de Göteborg, une designer suédoise, un attaché culturel français, un premier maréchal de cour suédois, et une petite assistante d’exposition franco-suédoise. ;-)

L’invité de première classe de la soirée était l’ancien président de la République, Valéry Giscard d’Estaing (proche de Moët Hennesy), qui n’a pas pu s’empêcher d’y aller de son petit discours, en anglais s’il vous plaît !

De telles fêtes sont extrêmement rares au Nationalmuseum — une telle exposition n’avait pas eu lieu depuis 12 ans ! — alors je pouvais bien me payer le luxe de me faire coiffer en ville pour être présentable à l’heure H. :-)

19th Sep2010

Le mot de la semaine : « kurir »

by hibiscus

Dans 9 jours ouvre l’exposition « Härskarkonst (= Arts du pouvoir). Napoleon — Karl Johan — Alexander », la grande exposition de l’automne-hiver 2010 du Nationalmuseum, du 30 septembre au 23 janvier 2011 qui traite des arts en France, Suède et Russie à l’époque de Napoléon. Karl Johan fait référence à Jean-Baptiste Bernadotte qui fut élu prince héritier au trône suédois il y a 200 ans et Alexandre au tsar russe.

C’est l’exposition pour laquelle j’ai travaillé depuis début 2009. Au fur et à mesure que le temps a passé, l’intensité du travail a augmenté et elle atteignit son maximum il y a deux semaines et ne s’apaisera qu’après l’inauguration dans une semaine et demie.

La phase finale est le montage de l’exposition avec l’arrivée de plus de 400 objets aussi divers que peintures, sculptures, objets d’art, bijoux, costumes etc. Qui dit montage, dit convoyeurs.

en kurir [ène kurire] = un/e convoyeur

kuriren [kurirène] = le/la convoyeur

kurirer [kurirère] = des convoyeurs

kurirerna [kurirèrena] = les convoyeurs

Ma collègue d’origine russe se chargent des œuvres d’art et des convoyeurs provenant de Suède et de Russie, tandis que je m’occupe de celles et ceux de France et des autres pays (Allemagne, Danemark, Italie, Angleterre et États-Unis). Le musée de l’Ermitage, où l’exposition sera montrée de mars à juin 2011, livrait une cinquantaine de caisses il y a deux semaines et la première semaine de montage a donc était dominée par la visite de nombreuses convoyeurs russes (oui, que des femmes).

La semaine dernière, c’était presque trente caisses qui arrivaient de France et d’Allemagne. Tout a été installé la semaine dernière avec l’aide d’une dizaine de convoyeurs. La journée la plus longue fut celle de jeudi, de 9h à 19h30 (mais j’étais au musée depuis 8h) avec cinq convoyeurs. Nous redoutions la journée de montage de vendredi avec 23 œuvres du château de Fontainebleau, mais nous pouvions nous mettre en week-end à 17h30. Après tant de préparation, cela faisait très plaisir de voir tous ces objets se rassembler sur place et d’accueillir les convoyeurs avec qui j’étais en contact depuis quelque temps. Tous étaient satisfaits de leur séjour à Stockholm et c’est très gratifiant !

La semaine à venir sera plus calme pour ma part, avec l’arrivée de deux convoyeurs mercredi et vendredi, puis encore quatre le lundi 27 septembre, la veille de la présentation de l’exposition à la presse, l’avant-veille de l’inauguration officielle en présence du couple royal de Suède et du dîner de gala. Mais cela ne veut pas dire que l’on va se tourner les pouces pour autant : il faut encore installer les œuvres du musée et celles provenant des collections royales, puis faire les étiquettes, ce qui n’est pas une mince affaire. Mais je crois qu’on parviendra à respecter le deadline sans problème. On n’a pas le choix de toutes manières. ;-)

Cette exposition est la plus grande exposition du Nationalmuseum depuis celle de « Catherine II et Gustave III » il y a 10 ans, ma première exposition, c’est dire si je ne suis pas peu fière ! :-)

08th Aug2010

Le mot de la semaine : « lugn »

by hibiscus

J’ai repris le travail depuis une semaine et demie. Je craignais un peu ce retour au bureau : je m’imaginais des tonnes de mail à lire et qu’il s’était passé beaucoup de choses en mon absence. 79 mails m’attendaient dans ma boîte de réception et le peu de problèmes survenus entre temps avaient été résolus avant mon retour. Aucun souci à se faire donc.

Les deux premiers jours, j’étais seule dans mon service, seule à mon étage ; nous étions peut-être cinq-six (sur trente) dans le bâtiment.

Cette semaine, deux de mes collègues sont revenues et quelques autres dans les autres étages. Il y avait du travail à faire, mais les pauses-café/thé et déjeuner étaient un peu plus longues que d’habitude. :-) Mais le fait de parler boulot parfois pendant ces pauses nous culpabilisaient moins de ne pas être devant nos ordinateurs huit heures d’affilé.

Peu de coup de téléphone, peu de mails, le calme et le silence dans les couloirs et les bureaux voisins … J’aime travailler dans ces conditions-là, sans collègue qui stressent et exigent que tout soit fait ”là maintenant, au mieux hier”… Pourtant, nous sommes en pleine préparation d’exposition, en pleine relecture d’épreuve de catalogue, en pleine organisation de transport, déballage et installation d’œuvres d’art. Mais dans le calme.

Le calme en suédois, c’est « ett lugn, lugnet » [ète lugne, lugnète]. « Det är lugnt » [dé ère lugnte] veut dire « c’est calme » mais aussi « c’est bon, pas de problème ». « Att ta det lugnt » [ate ta dé lugnte] signifie « être tranquille, prendre les choses calmement ». L’expression « Ta det lungt! » incite quelqu’un à rester calme.

Je dois dire que je redoute un peu la journée de demain, avec le retour de deux collègues qui parlent beaucoup (parfois pour ne rien dire), longtemps et fort. Comme je travaille avec les deux, ils arrivent que les deux viennent dans mon bureau, en même temps, pour me parler, et là je suis obligée de dire « Stop ! Un à la fois, merci ! »

Mais dans un sens, c’est aussi bien que je sois déjà replongée dans le bain quand ils reviennent. J’ai la situation sous contrôle et j’espère pouvoir continuer à travailler « i lugn och ro » [i lugne ô rou] (tranquillement).

NB! Attention à la prononciation de « lugn » : il faut bien prononcer le g avant le n. Il existe un mot suédois très semblable, « lunga » avec le n avant le g, qui signifie « poumon » et ce n’est pas vraiment la même chose. Je le fait remarquer car j’ai moi-même fait la faute de nombreuses fois et cela provoque soit l’étonnement soit l’hilarité chez les interlocuteurs suédois. Je veux vous éviter cette situation génante. :-)

21st Jun2010

Le mot de la semaine : « bruk »

by hibiscus

Chaque année au mois de juin, le Nationalmuseum organise pour son personnel une excursion d’une journée qui a toujours pour but un site historique. Lundi dernier, le 14 juin, nous quittions le musée vers 8h30 en direction de Lövstabruk. L’ancienne orthographe vous aidera à prononcer ce nom: Leufstabruk.

Lövsta est le nom du lieu, situé dans la province d’Uppland, dans la « préfecture » d’Uppsala, c’est-à-dire au nord de Stockholm, à environ 140 km de la capitale.

« Bruk » se traduit par « usine », mais je trouve que ce mot ne convient pas vraiment dans le contexte historique des XVI-XVIIIème siècles. « Manufacture » est peut-être plus approprié dans ce cas-là. Le mot « bruk » ne s’utilise, à ma connaissance, que dans le cas d’anciens sites industriels. Pour les usines de nos temps modernes, on dit plutôt « fabrik ».

La façade du manoir en cours de restauration – La façade arrière du manoir

La façade du manoir, en cours de rénovation Le manoir vu depuis le parc

« Bruk » est d’origine germanique, bien sûr :-) , comme pas mal d’autres mots suédois. Aujourd’hui, on l’utilise plus souvent dans les sens d’« usage, emploi, coutume, pratique, culture (agricole) ». À partir de ce mot, on peut construire le verbe « bruka » qui signifie « utiliser, employer, cultiver, exploiter », mais aussi « avoir l’habitude de ».

ett bruk [ète bruque] = une manufacture

bruket [bruquète] = la manufacture

bruk [bruque] = des manufactures

bruken [bruquène] = les manufactures

Le parc

Lövstabruk est donc une ancienne manufacture de fer dont l’histoire remonte aussi loin qu’en 1596. On plaça cette manufacture juste à cet endroit pour exploiter la force de l’eau des nombreux lacs et cours d’eau descendant vers la mer Baltique et en même temps pour sa proximité des ports de la côte qui permettait l’exportation du fer vers l’Europe. Cependant, les bâtiments actuels datent des années 1720. En effet, le site fut brûlé en juillet 1719 par les Russes lors de la Grande guerre du Nord qui opposa la Suède (alliée à l’empire ottoman) à la Russie (alliée au Danemark et à plusieurs principautés allemandes) entre 1700 et 1721. Charles de Geer (1660-1730) fit reconstuire le site entier, c’est-à-dire les habitations des ouvriers, le manoir et l’église, cette fois-ci en pierre.

Pancartes – Une oeuvre d’art sculptée – Boîtes aux lettres en rang

Depuis 1641, le site appartenait à la famille d’origine hollandaise De Geer, qui importa la méthode wallonaise de raffinement du fer qui, lui, venait de Dannemora, à 30 km de Lövsta. De nombreux ouvriers à Lövsta étaient des immigrants wallonais. Ils participèrent à faire de Lövsta un des plus grands centres de production de fer au monde au XVIIIème siècle. L’activité sidérurgique de Lövsta s’arrêta définitivement en 1926 ; on avait depuis un moment changé de processus de raffinement et adopté la méthode de Lancashire.

Une fenêtre vitrée – Une façade bien fleurie – La pancarte de l’auberge – L’entrée de l’auberge

On dit que cette manufacture forma une communauté très particulière, relativement fermée au monde extérieur, au sein de laquelle les ouvriers vivaient au rythme des forges et dont les besoins étaient pourvus par leurs maîtres, la famille De Geer, sous forme d’école pour les enfants, de médecin pour les soins du corps et d’église pour les soins de l’âme. Les habitations des ouvriers sont en partie conservées et s’alignent le long de la rue qui fait face au manoir.

La volière – L’orangerie – L’allée d’ormes avec un arbre malade

Le manoir (« herrgård » [‘hèregaurde] en suédois) est composé d’uncorps principal et de deux ailes sur deux étages. Un peu plus loin s’élèvent deux ailes en demi-cercle qui servait de logement pour le personnel et de réserves. L’intérieur du manoir date essentiellement du XVIIIème siècle. Au rez-de chaussé, une grande salle à manger, et à l’étage, les chambres. Dans les ailes, les chambres d’invités et les cuisines. De part et d’autre du manoir, près de l’eau, ont été construits deux pavillons pour abriter l’un une bibliothèque qui est l’une des plus riches du pays avec ses nombreux volumes du XVIIIème siècle, l’autre un cabinet de curiosité comprenant essentiellement des animaux empaillés et des minéraux.

Le parc baroque est une reconstruction du XXème siècle d’après des plans originaux de 1769. L’orangerie résista aux Russes car elle avait été construite en pierre dès le début et constitue donc le seul bâtiment d’origine du complexe de Lövsta. On y cultive aujourd’hui le pélargonium dit de Lövsta. L’allée d’ormes est malheureusement touchée par le graphiose (ou « maladie hollandaise de l’orme », mais qui en fait est peut-être d’origine asiatique) contre lequel on ne peut rien faire.

L’autel de l’église – La chaire à prédiquer – Le clocher, comme bien souvent en Suède, séparé de l’église

Dans le petit village, très charmant, formé par les anciennes habitations des ouvriers, on trouve aussi une auberge (où nous avons déjeuné après avoir visité le manoir) et une église qui est surtout réputée pour son orgue magnifique. Il a été construit en 1728 (restauré en 2006) par Johan Niclas Cahman (né entre 1670 et 1680-mort en 1737) à qui l’on doit 35 orgues en Suède, dont seulement 6 ont été conservés jusqu’à nos jours (entre autres, l’orgue de la chapelle du château de Drottningholm). Juste au moment où nous y étions, l’organiste jouait après avoir accordé l’instrument en question : ce fut un des plus beaux moments de cette excursion !

L’église – Son orgue

04th Apr2010

Le mot de la semaine : « förkortad arbetsdag »

by hibiscus

Le week-end de Pâques (« påskhelgen » [pauske’héljène]) est, pour la plupart des Suédois, un long week-end. Même si le pays est protestant, le Vendredi Saint (« långfredag » [longuefrédâgue] = mot à mot, vendredi long) est férié. Et bien souvent, les veilles de jours fériés, la journée de travail est raccourcie. Dans le cas du jeudi saint (« skärtorsdag » [chèretourchdâgue] = le jeudi du lavement des pieds), il s’agit de deux heures. (Si le jour férié tombe un samedi, comme le 1er mai 2010 par exemple, le vendredi le précédant est raccourci de 4 heures.) Le lundi de Pâques (« annandag påsk » [ananedague pauske]) est férié aussi. Cela fait donc un week-end de 4 jours – pas mal non ? :-)

L’expression « förkortad arbetsdag » se décompose comme ceci = för-kort-ad arbet-s-dag.

  • « kort » [korte] = court –> « förkorta » [feurekorta] = raccourcir
  • « arbete » [arbété] = travail
  • « dag » [dâgue] = jour

en förkortad arbetsdag [ène feurkortade arbèts(e)dâgue] = un jour de travail raccourci

den förkortade arbetsdagen [dène feurkortadé arbèts(e)dâguène] = le jour de travail raccourci

förkortade arbetsdagar [feurkortadé arbèts(e)dâguare] = des jours de travail raccourcis

de förkortade arbetsdagarna [dé/dome feurkortadé arbèts(e)dâguar(e)na] = les jours de travail raccourcis

Même si jeudi dernier était donc « en förkortad arbetsdag », la plupart de mes collègues avaient pris un jour de congé (ou récupéré des heures – les horaires de travail des employés de bureau du musée sont flexibles). Je savais donc que je risquais de me retrouver plus ou moins seule de 8h30 à 15h (au lieu de 17h) et j’avais demandé à travailler à domicile.

Résultat des courses: même en ne prenant pas les deux pauses-thé habituelles du matin et de l’après-midi et à peine une heure au déjeuner, j’ai fini à … 17h30 … :-(

Même si j’avais été au bureau, je crois que je serais restée jusqu’à cette heure-là, car je voulais vraiment finir la traduction de ce texte avant Pâques. Ces heures-là, je les compte dans mes heures à récupérer, donc ce n’est pas un gros problème. Du coup, je vais peut-être ne pas travailler du tout la veille du 1 er mai. ;-) (J’ai plus d’heures que ça à récupérer – pour faire taire les mauvaises langues qui veulent faire croire qu’on se tourne les pouces dans un musée…)

Sidor:«1234»