06th Feb2011

Le mot de la semaine : « hemlig »

by hibiscus

L’adjectif « hemlig » [´hèm(e)ligue] signifie « secret ». Étymologiquement, il vient de l’ancien suédois « hemeliker, hemelikin, hemelig » — à comparer avec l’islandais heimiligr, le danois hemmelighet, ou l’allemand heimelich. Il construit sur le substantif « hem » qui signifie « maison », faisant ainsi référence à un espace fermé, sécurisé, échappant aux yeux de ceux qui n’en font pas partie. C’est plutôt logique.

Il se décline ainsi :

hemlig [´hèm(e)ligue] = forme indéfinie, singulier, devant en substantif en -n

hemligt [´hèm(e)likte] = forme indéfinie, singulier, devant en substantif en -t

hemliga [´hèm(e)ligua] = forme définie, singulier et pluriel

Un secret est « en hemlighet » [ène ‘hèm(e)lig’hète].

Pourquoi ai-je choisi ce mot pour cette semaine ?

Parce que j’étais en mission secrète au travail cette semaine (affaire à suivre dimanche prochain ;-) ). Et que mon « sambo » fête ses 30 ans en avril et que j’ai déjà trouvé son cadeau mais que je ne peux bien sûr pas révéler ce que c’est pour le moment. ;-)

04th Okt2010

Le mot de la semaine : « inviga »

by hibiscus

Deux ans de travail, dont un mois de montage acharné, ont abouti à une exposition grandiose, magnifique, époustouflante ! « Härskarkonst » en suédois, «Staging Power » en anglais, « Arts du pouvoir (ou des pouvoirs) » en français ou encore, comme l’écrit l’ambassade de France à Stockholm, « Le Pouvoir en Scène ». Le sous-titre est « Napoléon — Charles Jean — Alexandre », faisant ainsi référence aux trois souverains contemporains du premier empire français.

Les journaux parlaient de l’exposition avant même qu’elle ouvre. Les attentes sont élevées, les premières critiques sont bonnes, le suspens est presque intenable : on veut savoir ce que les gens en pensent, en bien ou en mal. J’ai hâte de connaître les chiffres de visite de ce premier week-end !

Cette dernière semaine a été celle des derniers détails, des dernières corrections (même on trouve encore des erreurs …), avant l’inauguration officielle le 29 et les vernissages pour le grand public le 30 septembre.

« Inviga » veut dire inaugurer ; « en invigning » est une inauguration.

han inviger [‘hane in(e)vigeure] = il inaugure

han har invigt [‘hane ‘har in(e)vig(e)te] = il a inauguré

han invigde [‘hane in(e)vig(e)dé] = il a inauguré

han ska invinga [‘hane ska in(e)viga] = il inaugurera

Mais qui est-il ? Sa Majesté le roi de Suède en personne, Carl XVI Gustav, puisqu’il patronne l’exposition et est un des prêteurs les plus importants avec une soixante d’objets (l’exposition en compte un peu plus de 400 au total). Oui, c’était « en kunglig invigning » [ène kungligue in(e)vigningue], une inauguration royale avec discours de la conservatrice en chef du musée, Solfrid Söderlind, du commissaire de l’exposition, Magnus Olausson (traduit en russe par ma collègue, puis en français par moi car il y avait des invités russes et français), puis du roi lui-même.

Pendant que le roi et la reine de Suède visitaient l’exposition au calme, avec une suite de quelques dizaines de personnes, le reste des invités socialisaient et papotaient dans l’escalier majestueux du Nationalmuseum, un verre de Dom Pérignon en main, avant de pénétrer dans les salles d’exposition.

Deux heures plus tard, après le départ des têtes couronnées, l’inauguration étaient suivie d’un dîner de gala, offert par l’un des sponsors, Moët Hennessy. Le menu ne pouvait en être que luxueux : conçu par Patrice Karlsson, chef de cuisine du restaurant du Nationalmuseum, et Pascal Tingaud, chef de cuisine Dom Pérignon, celui-ci mêlait des traditions historiques gastronomiques françaises et suédoises. Jugez plutôt :

Potage de haddock et crevettes grises à l’aneth
Un plat traditionnel suédois du XIXème siècle.
Pour le dîner, un potage était toujours servi en entrée.
Le haddock était un poisson très apprécié à la cour de Suède.
Dom Pérignon Vintage 2000


Selle de chevreuil, sauce poivrade, croûton de farce fine,
mousseline de céleri, pommes, cumberland et cèpes
Pays de tradition cynégétique, la Suède et la France
ont toujours servi de la venaison sur les tables royales et impériales.
Le sucré-salé a fait son apparition sous l’Empire.
C’est Bernadotte qui a fait connaître les cèpes en Suède
qui portent dans le pays le nom de Karl Johan.
Cheval des Andes 2006


Fromages, abricots secs, figues séchées, amandes et noix
Fromage de brebis de la vallée d’Ossau dans les Pyrénées,
région du Sud-Ouest de la France d’où Bernadotte était originaire.
Fromage de Suède ”Hammarby Blå” de la région de Roslagen.
Château d’Yquem Millésime 1998


Blanc-manger aux poires, pommes au four et glace à la vanille
Le blanc-manger est un plat classique de la cuisine sous l’Empire.
Carême (cuisinier de Talleyrand et de Napoléon, puis du tsar de Russie)
l’adapta pour le tsar en y ajoutant des poires.
L’arrivée de Bernadotte en Suède
a coïncidé avec l’introduction des glaces lors des repas
Sauternes, premier cru supérieur 1855


Café, thé
Hennesy Paradis (cognac)


Le repas était tout simple divin ! (Ma seule petite critique : les fruits séchés accompagnant le fromage semblaient tout droit sortis de leur sachet …) La compagnie à table était agréable et polyglotte : deux journalistes françaises, un diplomate suédois rattaché au consulat de France de Göteborg, une designer suédoise, un attaché culturel français, un premier maréchal de cour suédois, et une petite assistante d’exposition franco-suédoise. ;-)

L’invité de première classe de la soirée était l’ancien président de la République, Valéry Giscard d’Estaing (proche de Moët Hennesy), qui n’a pas pu s’empêcher d’y aller de son petit discours, en anglais s’il vous plaît !

De telles fêtes sont extrêmement rares au Nationalmuseum — une telle exposition n’avait pas eu lieu depuis 12 ans ! — alors je pouvais bien me payer le luxe de me faire coiffer en ville pour être présentable à l’heure H. :-)

19th Sep2010

Le mot de la semaine : « kurir »

by hibiscus

Dans 9 jours ouvre l’exposition « Härskarkonst (= Arts du pouvoir). Napoleon — Karl Johan — Alexander », la grande exposition de l’automne-hiver 2010 du Nationalmuseum, du 30 septembre au 23 janvier 2011 qui traite des arts en France, Suède et Russie à l’époque de Napoléon. Karl Johan fait référence à Jean-Baptiste Bernadotte qui fut élu prince héritier au trône suédois il y a 200 ans et Alexandre au tsar russe.

C’est l’exposition pour laquelle j’ai travaillé depuis début 2009. Au fur et à mesure que le temps a passé, l’intensité du travail a augmenté et elle atteignit son maximum il y a deux semaines et ne s’apaisera qu’après l’inauguration dans une semaine et demie.

La phase finale est le montage de l’exposition avec l’arrivée de plus de 400 objets aussi divers que peintures, sculptures, objets d’art, bijoux, costumes etc. Qui dit montage, dit convoyeurs.

en kurir [ène kurire] = un/e convoyeur

kuriren [kurirène] = le/la convoyeur

kurirer [kurirère] = des convoyeurs

kurirerna [kurirèrena] = les convoyeurs

Ma collègue d’origine russe se chargent des œuvres d’art et des convoyeurs provenant de Suède et de Russie, tandis que je m’occupe de celles et ceux de France et des autres pays (Allemagne, Danemark, Italie, Angleterre et États-Unis). Le musée de l’Ermitage, où l’exposition sera montrée de mars à juin 2011, livrait une cinquantaine de caisses il y a deux semaines et la première semaine de montage a donc était dominée par la visite de nombreuses convoyeurs russes (oui, que des femmes).

La semaine dernière, c’était presque trente caisses qui arrivaient de France et d’Allemagne. Tout a été installé la semaine dernière avec l’aide d’une dizaine de convoyeurs. La journée la plus longue fut celle de jeudi, de 9h à 19h30 (mais j’étais au musée depuis 8h) avec cinq convoyeurs. Nous redoutions la journée de montage de vendredi avec 23 œuvres du château de Fontainebleau, mais nous pouvions nous mettre en week-end à 17h30. Après tant de préparation, cela faisait très plaisir de voir tous ces objets se rassembler sur place et d’accueillir les convoyeurs avec qui j’étais en contact depuis quelque temps. Tous étaient satisfaits de leur séjour à Stockholm et c’est très gratifiant !

La semaine à venir sera plus calme pour ma part, avec l’arrivée de deux convoyeurs mercredi et vendredi, puis encore quatre le lundi 27 septembre, la veille de la présentation de l’exposition à la presse, l’avant-veille de l’inauguration officielle en présence du couple royal de Suède et du dîner de gala. Mais cela ne veut pas dire que l’on va se tourner les pouces pour autant : il faut encore installer les œuvres du musée et celles provenant des collections royales, puis faire les étiquettes, ce qui n’est pas une mince affaire. Mais je crois qu’on parviendra à respecter le deadline sans problème. On n’a pas le choix de toutes manières. ;-)

Cette exposition est la plus grande exposition du Nationalmuseum depuis celle de « Catherine II et Gustave III » il y a 10 ans, ma première exposition, c’est dire si je ne suis pas peu fière ! :-)

12th Sep2010

Le mot de la semaine : « upplevelse »

by hibiscus

Nous sommes sept, cinq collègues, moi-même et une inconnue qui ne parle pas suédois. La guide s’adresse alors à nous en anglais et nous mène au deuxième étage du musée, où elle nous laisse à un homme qui nous fait signe de le suivre. Il se déplace à pas lents et silencieux ; nous ralentissons le rythme des nôtres et je regrette presque d’avoir des chaussures à talons qui claquent sur le paquet des salles du musée. Nous faisons ainsi le tour du premier étage, puis il nous fait descendre à mi-chemin dans l’escalier où des bancs nous sont réservés. Nous nous asseyons en silence, nous lançant quelques regards interrogatifs, mais confiants. Nous ne savons pas ce qui nous attend, mais nous n’appréhendons pas, au contraire, nous avons hâte de voir ce qui va se passer.

L’homme, qui avait disparu en bas de l’escalier, revient avec des écouteurs alignés sur un bras. Doucement, il les pose sur nos oreilles, nous isolant ainsi du monde sonore extérieur. Dès lors, nous n’entendons plus que des bruits enregistrés de pas et de conversations atténuées. Puis une voix, douce et agréable à écouter, nous donne des instructions. La femme inconnue se lève et commence à descendre les escaliers. Nous restons assis. Puis la voix me demande de suivre l’inconnue. Je comprends alors que nous n’entendons pas tous la même chose. Ou en tout cas, pas en même temps ; car mes collègues ne tardent pas à me suivre. L’inconnue s’est arrêtée derrière une femme longue et mince, vêtue d’une robe beige un peu stricte. On nous dit qu’elle est notre guide ; nous la suivons à travers les salles de mobilier de siècles passés ; la voix attire notre attention sur certains objets. Puis nous nous arrêtons ; on nous demande de fermer les yeux ; un bandeau est alors posé sur mes yeux par des mains invisibles.

J’ouvre les yeux et ne voit plus qu’une lueur blanche devant moi. À partir de ce moment-là, je suis complètement isolée de mes collègues. Quelques secondes plus tard, une main soulève doucement la mienne et m’entraîne. Ne voyant pas où je mets les pieds, mes premiers pas sont hasardeux et lents, mais peu à peu je me fie à la main qui continue à me mener. La voix m’incite à me baisser pour passer une porte, à tourner à droite ou à gauche, à m’arrêter là puis reculer ici … La main me quitte parfois mais revient toujours pour m’entraîner plus loin, plus haut, plus bas. Je ne sais plus où je suis … La voix et les bruits me suggèrent une grande salle où les pas résonnent ou une forêt où mes pieds foulent un chemin couvert de feuilles séchées …

De temps en temps des lumières colorées traversent le bandeau qui couvre mes yeux. On attire mon attention sur ma respiration, sur la lourdeur de mes pas, sur la lenteur de mes mouvements. Des gens se déplacent autour de moi, je sens leurs mouvements dans l’air qui m’entoure. Parfois je dois me déplacer seule, j’avance alors à tâtons, je frôle un mur froid ou une colonne hexagonale. Je ne suis définitivement plus dans la pièce où l’on m’a bandé les yeux, mais je n’ai aucune idée du chemin emprunté pour arriver dans cette pièce.

On me redemande de fermer les yeux ; le bandeau est oté ; puis on m’autorise à ouvrir les yeux. Je vois mes collègues autour de moi. La voix nous mène dans la pièce suivante où des gens sont allongés autour d’un tapis. Nous nous allongeons sur le tapis quelques minutes avant que les gens allongés autour de nous nous rejoignent autour du tapis pour nous signaler que nous sommes arrivés à destination. C’est seulement à ce moment-là que je comprends que l’inconnue fait en fait partie du ”groupe de mains” qui nous a guidé à travers les salles du musée.

Ceci était une répétition de ”Symphony a Missing Room”, une ”performance” faite dans le cadre de l’exposition ”Arbete pågår/Work in progress” qui explore de nouvelles formes d’exposition avec la lumière naturelle. L’expérience avait déjà eue lieu l’automne dernier et avait rencontré un grand succès. Elle avait même était nommée événement culturel de l’année 2009. Cet automne, toutes les places sont vendues avant même que la performance commence officiellement, du 7 au 19 septembre. C’est dire si le grand public guettait son retour !

”Symphony of a Missing Room” est l’oeuvre de Lundahl & Seitl, une expérience intéressante mettant en scène un milieu muséal, les membres d’un groupe d’artistes qui a composé les effets sonores et la chorégraphie à travers laquelle ils guident des visiteurs qui se laissent prendre au jeu. C’est une expérience, « en upplevelse » que je recommande chaudement, si vous avez l’occasion de les rencontrer. Ils se produisent en effet dans différents musées européens, toujours avec le même succès !

en upplevelse [ène upelévèlsé] = une expérience

upplevelsen [upelévèlsène] = une expérience

upplevelser [upelévèlsère] = des expériences

upplevelserna [upelévèlsèrena] = les expériences

22nd Aug2010

Le mot de la semaine : « turist »

by hibiscus

Bien que j’ai repris le travail, cette semaine, j’ai fait la touriste, à mes heures perdues. Un couple d’amis français sont venus passer leurs vacances à Stockholm et ce fut l’occasion de bons moments ensemble à leur faire découvrir nos endroits préférés de Stockholm et quelques éléments de la culture suédoise, comme les « fika » ou la « tvättstuga » (non, nous ne les avons pas mis de corvée de lessive, rassurez-vous !)

Nous avons fait des promenades dans Gamla Stan, mangé des glaces dans Gamla Stan, dîné à bord du bateau af Chapman (qui fait aussi office d’auberge de jeunesse), fait une promenade autour de Skeppsholmen et de Kastelholmen à la nuit tombante et nous sommes assis un moment sur les rochers pour regarder les manèges de Gröna Lund, sur l’autre rive.

Nous avons visité l’exposition de l’été du Nationalmuseum, sur le thème des intérieurs dans la peinture scandinave (désormais fermée), pris un « fika » dans Gamla Stan (pour nous consoler d’être arriver trop tard au musée du Moyen-Âge), introduit nos invités au « blodpudding » (le ”boudin noir” suédois), dîné dans Gamla Stan (au Restaurang JT), déjeuné sur Skeppsholmen (au Hjerta).

Quand nous travaillions, nos amis ont suivi quelques-uns de nos conseils : balade sur Djurgården, « fika » aux jardins de Rosendal, exposition photographique au Nationalmuseum (gratuite !), shopping… Il leur reste encore au moins Vasamuseet, Skansen et une balade en bateau sous les ponts de Stockholm.

Nous n’étions pas les seuls à profiter des derniers jours d’été suédois : l’auto-proclamée « capitale scandinave » accueille de nombreux touristes, désormais toute l’année, mais bien sûr plus en été. Parmi eux, de nombreuses familles françaises. (Même en Suède, on n’est plus tranquilles … ;-) )

en turist [ène turiste] = un/une touriste

turisten [turistène] = le/la touriste

turister [turistère] = des touristes

turisterna [turistèr(e)na] = les touristes

08th Aug2010

Le mot de la semaine : « lugn »

by hibiscus

J’ai repris le travail depuis une semaine et demie. Je craignais un peu ce retour au bureau : je m’imaginais des tonnes de mail à lire et qu’il s’était passé beaucoup de choses en mon absence. 79 mails m’attendaient dans ma boîte de réception et le peu de problèmes survenus entre temps avaient été résolus avant mon retour. Aucun souci à se faire donc.

Les deux premiers jours, j’étais seule dans mon service, seule à mon étage ; nous étions peut-être cinq-six (sur trente) dans le bâtiment.

Cette semaine, deux de mes collègues sont revenues et quelques autres dans les autres étages. Il y avait du travail à faire, mais les pauses-café/thé et déjeuner étaient un peu plus longues que d’habitude. :-) Mais le fait de parler boulot parfois pendant ces pauses nous culpabilisaient moins de ne pas être devant nos ordinateurs huit heures d’affilé.

Peu de coup de téléphone, peu de mails, le calme et le silence dans les couloirs et les bureaux voisins … J’aime travailler dans ces conditions-là, sans collègue qui stressent et exigent que tout soit fait ”là maintenant, au mieux hier”… Pourtant, nous sommes en pleine préparation d’exposition, en pleine relecture d’épreuve de catalogue, en pleine organisation de transport, déballage et installation d’œuvres d’art. Mais dans le calme.

Le calme en suédois, c’est « ett lugn, lugnet » [ète lugne, lugnète]. « Det är lugnt » [dé ère lugnte] veut dire « c’est calme » mais aussi « c’est bon, pas de problème ». « Att ta det lugnt » [ate ta dé lugnte] signifie « être tranquille, prendre les choses calmement ». L’expression « Ta det lungt! » incite quelqu’un à rester calme.

Je dois dire que je redoute un peu la journée de demain, avec le retour de deux collègues qui parlent beaucoup (parfois pour ne rien dire), longtemps et fort. Comme je travaille avec les deux, ils arrivent que les deux viennent dans mon bureau, en même temps, pour me parler, et là je suis obligée de dire « Stop ! Un à la fois, merci ! »

Mais dans un sens, c’est aussi bien que je sois déjà replongée dans le bain quand ils reviennent. J’ai la situation sous contrôle et j’espère pouvoir continuer à travailler « i lugn och ro » [i lugne ô rou] (tranquillement).

NB! Attention à la prononciation de « lugn » : il faut bien prononcer le g avant le n. Il existe un mot suédois très semblable, « lunga » avec le n avant le g, qui signifie « poumon » et ce n’est pas vraiment la même chose. Je le fait remarquer car j’ai moi-même fait la faute de nombreuses fois et cela provoque soit l’étonnement soit l’hilarité chez les interlocuteurs suédois. Je veux vous éviter cette situation génante. :-)

20th Sep2009

Le mot de la semaine : « utställning »

by hibiscus

Voici un mot à « décortiquer ». Il vient du verber « ställa ut » = exposer. Pour former le substantif, il faut placer la particule « ut » au début du mot. On y accroche ensuite la racine du verbe « ställ- ». À laquelle on rajoute le suffixe « -ning » (à prononcer comme dans le mot «camping»). Cela donne « ut—ställ—ning ». C’est aussi peut-être plus facile à prononcer quand on comprend des différentes parties du mot.

en utställning [ène utstèl(e)ning] = une exposition

utställningen [utstèl(e)ningène] = l’exposition

utställningar [utstèl(e)ningare] = des expositions

utställningarna [utstèl(e)ningarna] = les expositions

À cette époque de l’année, à la fin de l’été et à l’arrivée de l’automne (période très agréable en Suède en ce moment, soit dit en passant !), de nombreux musées ouvrent les portes de nouvelles expositions temporaires après la trève estivale.

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Au Moderna Museet (NB: nouveau site internet !), on inaugurait « Dalí Dalí avec Francesco Vezzoli » cette semaine.  L’exposition dure jusqu’au 17 janvier 2010. J’avais l’opportunité d’assister au vernissage de jeudi soir. Les vernissages sont rarement une bonne occasion pour apprécier quelque exposition que ce soit. Heureusement, j’aurai bientôt la possibilité de retourner la voir dans des conditions plus calmes.

Au Nationalmuseum, on rend cet automne hommage à l’artiste allemand romatique Caspar David Friedrich du 2 octobre au 10 janvier. Une partie de mes collègues ont en ce moment des journées de travail longues et intensives. C’est toujours le cas en période d’installation. Une exposition parallèle à celle-là présentera des commentaires contemporains à l’art de Caspar David Friedrich faits par des artistes suédois tels que Jan Håfström, Cecilia Edefalk, Denise Grünstein, Karin Mamma Andersson och Sigrid Sandström spécialement pour cette exposition. Ça va être intéressant de voir ce qu’ils ont créé.

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Pour ma part, je suis en train de travailler sur l’exposition du Nationalmuseum pour la même période, l’an prochain, qui portera sur Napoléon, Karl Johan (alias Jean-Baptiste Bernadotte) et Alexandre Ier à l’époque de l’élection de Bernadotte au poste de prince héritier de Suède (dont on fêtera le centenaire l’an prochain), et par là même fondateur de la dynastie Bernadotte (encore aujourd’hui régnante). Pour le moment c’est encore calme. Nous recevons petit à petit les réponses à nos demandes de prêt. L’exposition ira ensuite à l’Ermitage de Saint Pétersbourg, ce qui sera pour moi l’occasion de découvrir cette ville, que ce soit en voyage professionnel ou personnel. Et si c’est un voyage personnel, j’ai bien envie d’y aller en bateau. Une petite croisière sur la Baltique, ça doit pas être mal ! :-)

21st Jun2009

Le mot de la semaine : « att flytta »

by hibiscus

Le verbe « flytta » siginifie « changer qch de place » et par extention « déménager ». Il se conjugue de manière régulière :

jag flyttar [jâgue flutare] = je déménage
jag har flyttat [jâgue 'har flutate] = j’ai déménagé
jag flyttade [jâgue flutadé] = je déménageais/je déménagea
jag ska flytta [jâgue ska fluta] = je déménagerai

Il y a 4 ans presque jour pour jour les bureaux administratifs du Nationalmuseum quittaient un bâtiment appelé « Ostindiefararen » (car il avait appartenu à la compagnie des Indes orientales – désormais hôtel de luxe, voisin de Grand Hôtel) puisque le propriétaire Vasakronan (autrefois propriété de l’État suédois, aujourd’hui en régie privée) avait augmenté le loyer de telle manière que le Nationalmuseum n’avait plus les moyens d’y rester. C’était très dommage, car sa proximité par rapport au Nationalmuseum était très pratique.

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Depuis 2005 donc, les nouveaux bureaux se situent dans l’aile gauche du Musée de l’Armée, propriété de l’État par l’intermédiaire de Statens Fastighestverk (SFV) appelé « VF » par les collègues (pour « vänstra flygeln » = aile gauche). J’y ai travaillé par deux fois : la première période, pendant 7 mois en 2006, et la deuxième, depuis octobre 2008 jusqu’à maintenant. Au début de l’année 2009, SFV nous proposait d’emménager dans Amiralitetshuset sur Skeppsholmen que l’Association nationale de tourisme quittait pour des locaux moins chers. SFV avait alors à peine 6 mois pour rénover l’intérieur du bâtiment en fonction de nos besoins. Il était prévu qu’on déménage début juin, mais cela a été retardé (comme toujours sur les chantiers, je suppose) et nous déménageons maintenant à partir de demain.

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Cela veut dire que nous avons été dans les cartons jusqu’au cou toute la semaine passée. J’en ai profité pour jeter pas mal de documents inactuels et j’en ai archivé une partie, mais j’ai quand même réussi à tout caser dans 12 cartons. Mon collègue en avait largement plus.

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Les nouveaux meubles (tables, étagères etc …) sont déjà en place. Lundi, ils commencent à déménager les meubles que l’on garde, puis les ordinateurs et enfin les cartons. On nous a recommandé de ne pas mettre les pieds au bureau avant mercredi pour ne pas gêner le travail des déménageurs. Je suis en congé demain et mardi, je vais faire quelques visites de musée. Et à partir de mercredi, je me replonge dans les cartons pour tout remettre sur les étagères.

Sincèrement, j’ai vraiment hâte d’y être. Skeppsholmen est peut-être mon île stockholmoise préférée. Je suis impatiente de reprendre mes promenades de midi autour de l’île de même que les trajets en ferry depuis Slussen pour aller au travail. De plus, j’aurai une vue imprenable sur Gamla Stan et Slussen, à coup sûr très agréable en toute saison. Mes collègues regrettent déjà VF car nous nous éloignons des quartiers commerciaux et des restaurants d’Östermalm, mais je ne vais pas au boulot pour faire du shopping (encore moins dans Östermalm …), donc ça me gêne moins. Nous aurons désormais seulement un petit pont (certes venteux et glissant en hiver…) à traverser pour rejoindre nos collègues encore en place dans le Nationalmuseum, et pour ce qui est des restaurants, ils ne manquent pas sur cette petite île. Ce que je regretterais éventuellement un peu en quittant VF, c’est le carillon de l’église Hedvig Eleonora et la relève de la garde royale en musique qui part du Musée de l’Armée au printemps et en été.

25th Jan2009

Le mot de la semaine : « kontor »

by hibiscus

Cela n’a sûrement pas échappé à mes fidèles lecteurs : depuis début janvier, je travaille au Nationalmuseum, comme avant Noël, mais j’ai changé d’équipe et donc de bureau. Voici donc venu le fameux de la semaine auquel je voulais vous introduire la semaine dernière et la semaine d’avant aussi…

Bureau, dans le sens de la pièce à travailler, se dit « kontor » en suédois. C’est un mot en -et:
ett kontor [ète kon(e)toure] = un bureau
kontoret [kon(e)tourète] = le bureau
kontor [kon(e)toure] = des bureaux
kontoren [kon(e)tourène] = les bureaux

Et comme il s’agit de mon bureau, je dis « mitt kontor » [mite kon(e)toure].

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Les pronoms possessifs suédois se déclinent, comme en français, en genre et en nombre. Comme pour les adjectifs, il y a une forme en -n, une en -t et une en -a pour le pluriel et la forme définie :
min, mitt, mina [mine, mite, mina] = mon, ma, mes
din, ditt, dina [dine, dite, dina] = ton, ta, tes
hans ['han(e)sse]= son, sa, ses (si le possesseur est masculin)
hennes ['hénèsse] = son, sa, ses (si le possesseur est féminin)
sin, sitt, sina [sine, site, sina] = son, sa, ses (réflexif)
vår, vårt, våra [vaure, vaurte, vaura] = nos
er, ert, era [ère, èrte, èra] = vos
deras [dérasse] = leur(s)

NB : Souvenez-vous bien qu’il n’y a pas de masculin ni féminin en suédois, et que l’équivalent de « min » n’est donc pas « mon » ni celui de « mitt » « ma ». Vous suivez ? À la place, il faut penser que devant un susbstantif en -en, on utilise « min », devant un en -et, on utilise « mitt » et devant un au pluriel, on utilise « mina ».

Ensuite, si je veux dire « mon nouveau bureau », je mets l’adjectif « ny, nytt, nya » [nuiye, nuyte, nuiya] entre le pronom possessif et le substantif. Et comme le pronom possessif définie le substantif, j’utilise donc la forme définie de l’adjectif. Logique non ? Cela donne : « mitt nya kontor » [mite nuya kon(e)toure]. Il faut avouer que ces combinaisons de pronom-adjectif-substantif peuvent être un peu compliquées à assimiler donc on s’arrête là pour ajourd’hui.

Voici donc « mitt nya kontor » :

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Il est nettement plus grand que celui que j’avais avant Noël, car il contient pas mal de placards pour les dossiers suspendus qu’on avait avant qu’on mette en place une base de données ; c’est comme une mini-archive on pourrait dire. Comme ces vieux dossiers peuvent être encore utiles, ils restent dans le bureau jusqu’à nouvel ordre.

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Ensuite, j’ai une table beaucoup plus grande et qui en plus est réglable en hauteur et me permet donc de travailler debout de temps en temps. La chaise est beaucoup plus confortable avec son haut dossier. Dans le travail quoditien, je ne me sers que de quelques classeurs qui sont sur les étagères à gauche. J’ai un téléphone qui affiche le numéro qui appelle, ce qui m’évite de décrocher en disant : « Nationalmuseum, département des dépositions, hibiscus » quand un collègue m’appelle.

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La vue donne sur la rue Riddargatan (beaucoup plus calme que la rue perpendiculaire Sibyllegatan) et le bâtiment de l’autre côté de la rue en brique rouge est une partie des Écuries Royales qui datent des années 1890 et qui sont aujourd’hui reconvertis en logements et écurie.

Je m’y plais bien dans ce bureau ! :-)

21st Maj2006

Journal semaine 20

by hibiscus

Du 15 au 21 mai 2006.

Lundi 15 mai - Temp. ext. au lever : 7,3 degrés – Météo : soleil/nuages

Trois de mes collègues fêtent leurs anniversaires et arrivent au boulot avec : 2 tartes aux pommes, 2 brioches tressées à la cannelle et un gâteau au chocolat !!! Je sais pas si c’est la faute aux gâteaux, mais j’attrape tellement mal au ventre dans l’après-midi, que je décide de ne pas aller à mon cours de gym Pilates.

À propos d’anniversaire, je trouve un cadeau pour ma chère maman adorée qui fête le sien dimanche prochain. Mais je ne dirais pas ce que c’est ! ;-)

Dîner : Salade de quinoa, jambon fumé, œuf dur et melon, crumble à la rhubarbe en dessert.

Mardi 16 mai - Temp. ext. au lever : 6,3 degrés – Météo : soleil/nuages

L’ordinateur que j’utilisais au boulot jusqu’à maintenant était temporaire. J’en récupère un autre, un portable. Ça ne m’embête pas trop finalement, malgré que l’écran soit plus petit ; je préfère nettement les touches plates et ça me libère pas mal de place sur mon bureau.

Après le boulot, je vais au Nationalmuseum assister à la diffusion d’un film documentaire sur Bruno Liljefors, fait par Anders Hanser. Très intéressant, et avec la voix de Max von Sydow, c’est vraiment très bien !

Dîner : Gratin de choux-fleur et viande de bœuf, et crumble à la rhubarbe en dessert.

Mercredi 17 mai - Temp. ext. au lever : 4,4 degrés – Météo : soleil/nuage

Depuis le début de la semaine, je suis dans les gravures de Desprez jusqu’au cou. Je croyais en voir le bout, mais non, j’arrive à une nouvelle série, qui de plus me semble bien être des doubles, mais bon … Et le cher Gunnar W Lundberg, visiblement, la logique et lui, ça faisait deux … Alors pour essayer de comprendre ce que ce cher homme pensait dans sa petite tête quand il a rempli ses fiches d’inventaires, je ne vous raconte pas …

Je fais rapidement l’aller-retour en métro jusqu’à Centralen pour poster le cadeau de ma mère dans un « vrai » bureau de poste. Puis je retrouve une copine à Nybroplan. Encore une Française, rencontrée d’abord sur le forum, qui se plaît beaucoup mieux en Suède qu’en France. :-) On s’est pas vu depuis l’été dernier, alors on a pas mal de choses à se raconter. On va prendre un fika au Café Panorama de Kulturhuset.

Dîner : Salade de blé, haricots verts, bacon et « keso » au basilic et thym.

Après le repas, je regarde un film français à la télé : « À la folie … pas du tout » avec Audrey Tautou. Plutôt pas mal comme film, Tautou joue très bien, avec son sourire béat.

Jeudi 18 mai - Temp. ext. au lever : 7,1 degrés – Météo : pluie

Enfin la pluie ! Depuis que la météo nous en parlait, on désespérait presque qu’elle arrive ! :-)

Finalement, les gravures de Desprez avancent plus vite que je croyais, j’en ai enregistré un peu plus de 90 aujourd’hui, alors que ma moyenne par jour est entre 40 et 60.

40 min de marche nordique en rentrant à la maison.

Dîner : Pâtes et sauce aubergine-bacon, salade tomate-avocat-concombre, et crumble à la rhubarbe en dessert (le dernier).

Vendredi 19 mai - Temp. ext. au lever : 8,4 degrés – Météo : nuageux

Bon, fini les gravures de Desprez. Mais j’ai apparemment entamé une série de gravures d’Eric Detthow (1888-1952) qui a l’air bien longue aussi … Cette après-midi, je suis allée à un séminaire qui discutait de la provenance de deux têtes sculptées que le Nationalmuseum possède : est-ce qu’elles viennent du Parthénon ? C’est peu probable.

Je me suis mise au jogging ce soir : le même circuit que je fais en marche nordique, qui me prend d’habitude 40 min, m’a pris … 40 min aussi en courant ! 8-[ Donc, soit je marche très vite, soit je cours lentement. ;-) Je suis quand même contente de ma performance, j’ai « couru » tout le temps, sans m’arrêter. Faut dire que j’avais peur de ne pas pouvoir repartir, même pas en marchant. :-D

Dans l’ekolådan de la semaine, entre autres des asperges, des beaux oignons rouges et des fèves fraîches.

Lessive-torture ce soir : quelqu’un a lavé des vêtements imprégnés de white-spirit. Ça PUE dans toute la tvättstuga et j’ai étais obligée de relaver une lessive qui avait pris l’odeur d’une des trois machines. Je ne suis même pas sûre que l’odeur soit partie, mais j’arrive plus à sentir quoique ce soit là-dedans maintenant … :-((

Dîner : Restes de pâtes d’hier et avocat au « keso » aromatisé au basilic, thym et oignon rouge.

Samedi 20 mai - Temp. ext. au lever : 13 degrés – Météo : pluie

Grasse matinée, puis petit déjeuner. Je pars ensuite faire les courses et je reviens … sous la pluie … sans parapluie. :-(

Dîner : Riz complet et asperges vertes revenues à la poêle, avec un filet d’huile d’olive au citron, salade de tomate, concombre et poivron.

Ce soir, j’ai regardé la fin du concours Eurovision. Au moins, je saurais de quoi mes collègues parleront lundi prochain. ;-) N’empêche, je suis contente que les Finlandais aient gagné ! Et aussi contente que Carola (la Suédoise) n’ait pas gagné ! :-)

Dimanche 21 mai - Temp. ext. au lever : 17,6 degrés – Météo : soleil/nuages

Grasse matinée. Petit déjeuner sur le balcon. Corvée-poubelle. Ménage. Après-midi plus sympa : j’ai fait du müesli, des crumbles à la rhubarbe (encore ! ;-) ) et des yaourts.

Je suis sidérée par la réaction de la TV française face à la victoire des Finlandais au concours Eurovision …

Dîner : Soupe de brocoli et crumble à la rhubarbe en dessert.

Commentaire de : deline – Le 25 mai 2006

Concernant les finlandais…j’ai compris pourquoi la française n’a pas gagnée :-)

quand les français comprendrons qu’on gagne pas avec une chanson ”poétique”, ”romantique” et une fille toute mimi…mais bon les finlandais c’est pas tasse de thé non plus ! De toute façon, l’eurovision sert pas a grand chose a part combler un trou dans les programme de France 3…nous on est allés voir Da vindi code, c’était mieux ;-) (mais on a quand même vu la fin de l’eurovision)

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